Biographie

Blandine Galtier est née à Rilleux-la-Pape près de Lyon en 1970.
Blandine Galtier opte pour un cursus en architecture bien qu’elle ait une attirance pour le domaine des arts plastiques. Elle passe ainsi un diplôme d’architecture d’intérieur à l’ESAIL de Lyon, qu’elle obtient brillamment en 1993. Stagiaire pour l’agence internationale Jourda et Perraudin, on lui confie le montage scénique d’une exposition de leurs travaux à Londres. À la suite de cette expérience, elle est embauchée et prend part aux concours en réponse à des marchés publics. Elle reprend ses études d’architecture tout en poursuivant sa carrière au sein de l’agence et obtient un DEFA (Diplôme d’Etudes Fondamentales en Architecture) en 1997.
En 1998 elle s’installe à Paris où Madame Jourda ouvre une agence. Cela l’amènera à gérer ses propres équipes.
Un an et demi plus tard, Blandine Galtier part vivre au Pays bas tout en continuant à travailler comme freelance pour l’agence Jourda architectes. Lui est confié des projets spécifiques d’interventions sur façades comme celle réalisée pour l’Hôpital Jean Mermoz (Lyon) ; une surface vitrée entièrement pensée par l’artiste. Ce projet allie créativité et contraintes d’usages : nécessité de dissimuler certaines parties et d’en révéler d’autres. Elle opte pour une réflexion sur la lumière, les ombres portées incarnées dans une proposition très graphique (entre lignes d’échafaudage et fibres biologiques), travaillant les notions de densité et de strates. Son affection pour le contraste n’est pas étrangère à cette proposition et lui vient de ses vacances passées dans l’Hérault où la lumière vive apporte des clairs-obscurs au paysage.
Le graphisme prend de plus en plus de place dans sa carrière. En 1999 elle s’installe à son compte. Elle trouve dans la création de site Internet un certain nombre de similitudes avec l’architecture : usage, ergonomie, esthétique.
De retour à Paris en 2004, elle fait la rencontre d’une graveure qui, au regard de son parcours, lui affirme que ce médium devrait lui plaire. Il est vrai que Blandine Galtier n’a jamais lâché son carnet de croquis toutes ces années et que l’envie de créer est de plus en plus forte. Marquée par cet échange, elle mature l’idée et s’inscrit à une formation en gravure et typographie à l’École Duperré qu’elle suit durant 2 ans.
La gravure se révèle être un moyen d’expression qui lui correspond parfaitement. Blandine Galtier est naturellement attirée par le contraste, la ligne, qu’elle soit figurative, graphique ou abstraite. La multitude de techniques qu’offre ce médium est à la fois un garde-fou et une source de recherche pour cette artiste.
Sa première confrontation avec le public intervient en 2009 dans le cadre d’une exposition collective avec l’atelier Duperré. Mais c’est sa participation à Art Chartrons (parcours d’art contemporain à Bordeaux) en 2011 qui marque véritablement le lancement de sa carrière d’artiste. Lors de son installation à Bordeaux cette année là, elle fait la connaissance d’une graveure-photographe qui lui propose d’être son invitée dans le cadre de cet événement. C’est ainsi que Blandine Galtier passe trois mois à produire une exposition de 13 gravures qu’elle a appelée « Je ne connais pas l’Afrique » en référence au thème.
En 2014 elle entame un travail de deux dans le cadre d’une commande de la Ville de Mourenx. Il s’agit de graver le chantier du Mi[X] (espace culturel doté d’une galerie d’art contemporain) et de présenter le fruit de cette captation au sein de la toute nouvelle galerie municipale. Un projet d’envergure qui aboutit à la vaste série « Instants».
Blandine Galtier produit sous l’impulsion de projets qui sont tout à la fois prétextes à révéler sa vision des choses, sources de recherches techniques et défis.

Démarche artistique

Série Instant

Blandine Galtier, gravure travaux à Mourenx, eau-forte, aquatinte, gaufrage, tirage numéroté sur 4, sur papier Hahnemühle, une sélection de la galerie d’art Virginie BaroC’est toujours portée par trois références que Blandine Galtier produit au sein de son atelier. Le fruit de son travail est imprégné de celles-ci. Il y a d’abord deux recueils de poèmes d’Émile Verhaeren « Les campagnes hallucinées » et « Les villes tentaculaires » qui abordent l’invasion à la fois industrielle et urbaine de la campagne et sa disparition inéluctable. Vient ensuite sa fascination pour une esthétique (cinématographique) apocalyptique ; une manière de questionner le besoin qu’a l’Homme de bâtir inexorablement, de se mesurer à la nature. Et enfin l’archéologie, comme suite logique à ces deux références, cette envie de donner à voir des indices révélant le fonctionnement d’une civilisation disparue.
L’artiste travaille principalement sous l’impulsion d’un projet. Le but à atteindre (en un temps donné et suivant un thème défini) génère une pression positive ainsi qu’un investissement intense qu’elle affectionne particulièrement. Chaque nouveau projet est une mise en danger volontaire notamment par l’expérimentation (sortir de sa zone de confort), l’apprentissage de nouvelles techniques et cela au service de son idée. Si Blandine Galtier maîtrise parfaitement les techniques traditionnelles de la gravure que sont l’eau-forte et l’aquatinte, elle voit en elles des outils qu’il faut parfois étoffer pour permettre une exacte restitution de ce qu’elle désire exprimer.
C’est dans ce contexte qu’elle appréhende par exemple le carborundum, une technique singulière lui permettant de traduire la boue, matière très présente sur un chantier de construction dont elle livrera son regard d’artiste. À chaque fois, il s’agit de trouver la bonne réponse et donc le bon médium en phase avec sa pensée.
Dans cet esprit apparaît le gaufrage du papier. « Nature morte » est une série réalisée sur le thème de l’autoroute. L’artiste y retire toutes références aux personnes ayant érigées ces infrastructures. (Le simple fait de montrer ces routes suffit à évoquer l’Homme). Le gaufrage intervient pour signifier ce qui ne peut pas être perçu dans l’image : le mouvement et le bruit. Ainsi, sont associées à la gravure des flèches et des lignes courbes uniquement révélées par les ombres portées sur le papier. Le sujet ainsi traité offre une double lecture : la confrontation d’une gravure figurative statique, froide, à la présence forte due au jeu de contrastes ; à l’appréhension de lignes graphiques silencieuses, sensibles imprégnées dans le papier nous emmenant vers un ailleurs, une forme de rêverie.
De la même façon, il est fréquent que Blandine Galtier découpe sa plaque suivant les contours de la forme pour ainsi la libérer et faire en sorte que la représentation interagisse avec le papier. Ce dernier n’est alors plus qu’un simple support d’impression, mais contribue à la compréhension de l’image.
Blandine Galtier est une observatrice, un témoin subjectif de notre paysage urbain. Elle a pour les usines, comme la raffinerie de Feyzin, les échangeurs autoroutiers, l’architecture en générale, une forme de fascination. L’artiste y voit de la poésie et c’est bien ce qu’elle tente de traduire dans son travail. Comment donner à voir son propre regard sur ces constructions, transmettre cette poésie qu’elle décèle ? Ainsi Blandine Galtier, dans ses recherches, tente de comprendre d’où vient cette beauté pour mieux nous la montrer.
Le travail de l’artiste est marqué par trois composantes récurantes : le contraste — usage du noir et blanc, la lumière — révélée notamment par les reliefs dans le papier, et la ligne — qu’elle soit figurative, graphique ou abstraite. Si les représentations de Blandine Galtier sont toujours ancrées dans le réel, son interprétation fait parfois basculer l’image du côté de l’abstraction. C’est peut-être à ce moment-là que l’architecture, le paysage urbain laissent place à la poésie.
L’ensemble de la production de l’artiste est traversée par une chose : l’Homme et son besoin d’ériger des bâtiments, l’Homme et sa lutte incessante contre les forces de la nature.

Parcours artistique

ExpositionS

2017 • «Temps en mouvement» exposition avec Elena Peinado photographe, Galerie de l’artothèque, Gondrin
2016 • «instants», exposition personnelle au Théâtre le Liburnia, Libourne
2016 • «Visions Urbaines» exposition pluridisciplinaire et collective, Sortie 13, Pessac
2016 • Biennale de l’Estampe de Gravelines, Musée du dessin et de l’estampe originale de Gravelines
2016 • « Sans Titre 2 », Le Didam, Bayonne
2016 • « Estampes vivantes 2016 », Entr@cte, Espace culturel, Avray
2016 • « Instants », exposition personnelle à l’espace associatif La Sirène, Bordeaux
2016 • « Instants », exposition personnelle à la galerie d’art contemporain du MI[X], Mourenx.
2015 • Triennale de la gravure en taille douce, Musée Raymond Lafage, Lisle-sur-Tarn
2013 • «5 femmes graveur(e)s», Galerie 5F, Bordeaux
2012 • «100cm2», Galerie du Philosophe, Carla-Bayle
2012 • «Day2Day Print exchange », Art Center of the Capital Region, New-York
2011 • « Print », galerie Arting, Paris-La Défense
2011 • «Art Chartrons», parcours d’art contemporain, Galerie 5F, Bordeaux

salons

2016 • Salon d’Automne, section gravure, Avenue des Champs Elysées, Paris
2016 • Journée de l’Estampe Contemporaine, place St Sulpice, Paris
2015 • Salon d’Automne, section gravure, Avenue des Champs Elysées, Paris
2014 • Salon de la Société Nationale des Beaux-arts (invitée du comité de sélection de l’ADAGP, Médaille d’Or du Prix du jury invité), Carrousel du Louvre, Paris
2013 •  « La puce des arts », Hendaye et Bayonne
2013 • Journée de l’Estampe contemporaine, place St Sulpice, Paris
2011 • Nuit de l’Estampe Contemporaine, Paris

dépôts et collections

2016 • «instant 6», intégrée au fond de collection du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International. (acquisition)
2016 • «instant 14», intégrée au fond de la Galerie d’Art K1L, Jodoigne Belgique (dépôt)
2014 • Sélection de trois estampes des séries Gray skies et Natures mortes, intégrées au fonds de l’artothèque de Bayonne, ARTOTEKA. (dépôt)

publications

2015 • Catalogue du Salon d’Automne
2015 • Catalogue d’exposition du Musée Raymond Lafage
2014 • Actuel de l’estampe n° 4, édition K1L
2014 • Catalogue du Salon de la SNBA
2013 • L’Ampoule n°9, revue numérique, ed. de l’Abat-Jour

formation

2011 • Stage de perfectionnement avec l’artiste Joan Beall, Hérault
2009 • Ecole d’arts appliqués Duperré, atelier de gravure et d’édition, Paris
2008 • Stage de gravure non toxique animé par Henrik Boegh, Espagne
2008 • Ecole d’arts appliqués Duperré, atelier de gravure et d’édition, Paris