Blandine Galtier, graveuse

Blandine Galtier est une artiste française née en 1970 en Auvergne-Rhône-Alpes, elle vit et travaille à Bordeaux. © Gilles Lestage

Biographie

Enfant, elle voyageait en admirant les cartes que faisait son grand-père géomètre. Les courbes de niveaux et les légendes de géologie furent ses premières rencontres avec le paysage et la ligne. Lors de ses études, elle prit naturellement la voie de l’architecture. Sa participation en agence à un projet d’autoroute, son tracé et ouvrages d’art a ravivé en elle le poème La ville tentaculaire d’Emile Verhaeren, qui abordent l’invasion à la fois industrielle et urbaine de la campagne et sa disparition inéluctable.
Aujourd’hui, artiste formée aux techniques de l’image imprimée, cette attirance pour l’architecture industrielle et la métamorphose des paysages par l’action des hommes, est fondatrice de sa démarche artistique. Ce qui la fascine, c’est l’énergie que déploie l’Homme à ériger inexorablement, à se mesurer à la nature, afin de laisser une trace, une mémoire. Elle se pose en témoin subjectif, archéologue, animée par l’envie de donner à voir des indices révélant le fonctionnement d’une civilisation disparue.
Elle aurait pu choisir comme outil d’expression le pinceau ou le crayon. Elle cherchait la complexité du processus de mise en œuvre d’un chantier, la précision des gestes. Tout dans les techniques d’images imprimées répond à cette quête : le geste qui se heurte à la résistance de la matière générant l’accident et la surprise, l’empreinte de la matrice dans le papier donne sens à sa démarche. Sa pratique de la gravure est expérimentale et constitue en une recherche de matières, de gestes, de rythmes et de systèmes d’où émergent, traces, émotions et mémoire.

Démarche artistique

C’est toujours portée par trois références que Blandine Galtier produit au sein de son atelier. Le fruit de son travail est imprégné de celles-ci. Il y a d’abord deux recueils de poèmes d’Émile Verhaeren « Les campagnes hallucinées » et « Les villes tentaculaires » qui abordent l’invasion à la fois industrielle et urbaine de la campagne et sa disparition inéluctable. Vient ensuite sa fascination pour une esthétique (cinématographique) apocalyptique ; une manière de questionner le besoin qu’a l’Homme de bâtir inexorablement, de se mesurer à la nature. Et enfin l’archéologie, comme suite logique à ces deux références, cette envie de donner à voir des indices révélant le fonctionnement d’une civilisation disparue.
L’artiste travaille principalement sous l’impulsion d’un projet. Le but à atteindre (en un temps donné et suivant un thème défini) génère une pression positive ainsi qu’un investissement intense qu’elle affectionne particulièrement. Chaque nouveau projet est une mise en danger volontaire notamment par l’expérimentation (sortir de sa zone de confort), l’apprentissage de nouvelles techniques et cela au service de son idée. Si Blandine Galtier maîtrise parfaitement les techniques traditionnelles de la gravure que sont l’eau-forte et l’aquatinte, elle voit en elles des outils qu’il faut parfois étoffer pour permettre une exacte restitution de ce qu’elle désire exprimer.
C’est dans ce contexte qu’elle appréhende par exemple le carborundum, une technique singulière lui permettant de traduire la boue, matière très présente sur un chantier de construction dont elle livrera son regard d’artiste. À chaque fois, il s’agit de trouver la bonne réponse et donc le bon médium en phase avec sa pensée.
Dans cet esprit apparaît le gaufrage du papier. « Nature morte » est une série réalisée sur le thème de l’autoroute. L’artiste y retire toutes références aux personnes ayant érigées ces infrastructures. (Le simple fait de montrer ces routes suffit à évoquer l’Homme). Le gaufrage intervient pour signifier ce qui ne peut pas être perçu dans l’image : le mouvement et le bruit.

Ainsi, sont associées à la gravure des flèches et des lignes courbes uniquement révélées par les ombres portées sur le papier. Le sujet ainsi traité offre une double lecture : la confrontation d’une gravure figurative statique, froide, à la présence forte due au jeu de contrastes ; à l’appréhension de lignes graphiques silencieuses, sensibles imprégnées dans le papier nous emmenant vers un ailleurs, une forme de rêverie.
De la même façon, il est fréquent que Blandine Galtier découpe sa plaque suivant les contours de la forme pour ainsi la libérer et faire en sorte que la représentation interagisse avec le papier. Ce dernier n’est alors plus qu’un simple support d’impression, mais contribue à la compréhension de l’image.
Blandine Galtier est une observatrice, un témoin subjectif de notre paysage urbain. Elle a pour les usines, comme la raffinerie de Feyzin, les échangeurs autoroutiers, l’architecture en générale, une forme de fascination. L’artiste y voit de la poésie et c’est bien ce qu’elle tente de traduire dans son travail. Comment donner à voir son propre regard sur ces constructions, transmettre cette poésie qu’elle décèle ? Ainsi Blandine Galtier, dans ses recherches, tente de comprendre d’où vient cette beauté pour mieux nous la montrer.
Le travail de l’artiste est marqué par trois composantes récurrentes : le contraste — usage du noir et blanc, la lumière — révélée notamment par les reliefs dans le papier, et la ligne — qu’elle soit figurative, graphique ou abstraite. Si les représentations de Blandine Galtier sont toujours ancrées dans le réel, son interprétation fait parfois basculer l’image du côté de l’abstraction. C’est peut-être à ce moment-là que l’architecture, le paysage urbain laissent place à la poésie.
L’ensemble de la production de l’artiste est traversée par une chose : l’Homme et son besoin d’ériger des bâtiments, l’Homme et sa lutte incessante contre les forces de la nature.

Œuvres, extrait

Gravure monoprint sur papier Wenhzou, superposition de plusieurs matrices, Blandine Galtier représentée par la galerie Virginie Baro

Comme un nocturne et colossal espoir
Monoprint sur papier Wenhzou 30g/m² marouflé sur papier Hahnemühle 300g/m², pointe sèche, chine collé doré, feuille d’or 24 carats, encres AKUA, noir carbone teinté, graphite et or, 80 × 60 cm, cadre noir en alluminium, 2020

H C2c
Monoprint pointe sèche, carborundum sur papier de gravure 250 g/m², papier 65×50 cm, cadre noir en aluminium 70×50 cm, tirage unique, 2019

Monoprint pointe sèche, carborundum sur papier gravure, Blandine Galtier
Blandine Galtier, gravure travaux à Mourenx, eau-forte, aquatinte,, chine collé, tirage numéroté sur 4, sur papier Hahnemühle, une sélection de la galerie d’art Virginie Baro

Instant 9
Eau-forte, aquatinte, chine-collé, tirage numéroté sur 4, sur papier Hahnemühle 300 g/m², format du papier 80 × 60 cm, format de la matrice 65 × 40 cm

Nature morte v1
Leporello, couverture en carton (extérieur gris, intérieur bleu), 3 gravures eau forte et aquatinte, montées en diptyque avec 3 gaufrages, édition numérotée et signée de 3 exemplaires, 22 × 30 cm fermé, 22 × 155 cm ouvert

Blandine Galtier, livre d’artiste sous la forme d’un leporello, 3 gravures eau forte et aquatinte, montées en diptyque avec 3 gaufrages, édition numérotée de 3 exemplaires, les échangeurs routiers, une sélection de la galerie d’art Virginie Baro

Parcours artistique

Expositions personnelles

2026 · Paysages urbains, BAG, bordeaux
2024 · Landscapes, Université Chonnan, Gwangju, CORÉÉ
2023 · Décaler, Galerie d’Art Contemporain La Trame, Bordeaux
2025 · Fabrique Pola, Bordeaux
2023 · ZW/A, La Trame vitrine d’art contemporain, Bordeaux
2020 · Archéologie du blanc, recherche Art & Science avec Hélène Soulier paysagiste, IDEX (Initiative d’Excellence) de l’Université de Bordeaux
2018 · Les campagnes hallucinées, Espace culturel de Cazaubon
2018 · Galerie vitrine Xhc, dans le cadre de la fête nationale de l’estampe, Bordeaux
2017 · Sortie de résidence, salle Abélia, La Bastide d’Armagnac
2016 · Instants, Théâtre le Liburnia, Libourne
2016 · Estampes vivantes, Entr@cte, Espace culturel, Avray
2016 · Instants, espace associatif La Sirène, Bordeaux
2016 · Instants, galerie d’art contemporain du MI[X], Mourenx

Expositions collectives

2026 · 7 artistes de la galerie Imaginaire d’Architecture, Paris
2025 · Édifice(s), avec Jules Goliath, galerie Imaginaire d’Architecture, Paris
2024 · COREElation 8, Gwangju, CORÉÉ
2021 · Archéologie du blanc, recherche Art & Science avec Hélène Soulier paysagiste, IDEX (Initiative d’Excellence) de l’Université de Bordeaux
2025 · Point, ligne, plan,Galerie Virginie Baro, Anglet
2024 · Landscapes, Université Nationnale de Chonnam, Gwangju, CORÉE DU SUD
2024 · Regards, Galerie d’art contemporain de la Ville de Mourenx
2021 · Chez Xavier, Galerie Virginie Baro, Bayonne
2019 · Douze mains, Halle des Chartrons, Bordeaux
2019 · Sillons, avec Jana Lottenburger graveure, Sortie 13 Pessac
2019 · Chez Pierre & Aurélie, Galerie Virginie Baro, exposition dans une maison art déco de particuliers, Bayonne
2019 · Les parenthèses de V., galerie Virginie Baro, Château Le Clair de Lune, Biarritz
2018 · Dialogues, avec Elena Peinado photographe, Centre d’Art Contemporain des Landes, Mont de Marsan
2018 · Fête de l’estampe, avec Martin Lartigue, Atelier Château Palettes d’Isidore Krapo, Bordeaux
2018 · Les parenthèses de V., galerie Virginie Baro, Domaine de Bassilour, Bidart
2017 · Rencontre autour de l’estampe, avec Danièle Burgart graveure, Galerie de l’âne bleu, Marciac
2017 · Rendez-vous de chantier, avec Marie Heughebaert céramiste, La plus petite galerie du monde ou presque, Roubaix
2017 · EDC x V., galerie Virginie Baro en collaboration avec les éditions du coté, Biarritz
2017 · Les parenthèses de V., galerie Virginie Baro, Villa Clara, Anglet
2017 · Temps en mouvement, avec Elena Peinado photographe, Galerie de l’artothèque, Gondrin
2016 · Visions Urbaines, Sortie 13, Pessac
2016 · Biennale de l’Estampe de Gravelines, Musée du dessin et de l’estampe originale de Gravelines
2016 · Sans Titre 2, Le Didam, Bayonne
2015 · Triennale de la gravure en taille douce, Musée Raymond Lafage, Lisle-sur-Tarn
2013 · 5 femmes graveur(e)s, Galerie 5F, Bordeaux
2012 · 100 cm², Galerie du Philosophe, Carla-Bayle
2012 · Day2Day Print exchange, Art Center of the Capital Region, New-York
2011 · Print, galerie Arting, Paris-La Défense
2011 · Art Chartrons, parcours d’art contemporain, Galerie 5F, Bordeaux

Salons, foires, festivals

2025 · 5ᵉ Biennale de gravure de l’Abbaye de Trizay, Trizay
2023 · Journées de l’estampe contemporaine, Place Saint-Sulpice, Paris
2017 · 10ᵉ Triennale mondiale de l’estampe, Chamalières
2017 · Salon d’Automne, Avenue des Champs Elysées, Paris
2016 · Salon d’Automne, section gravure, Avenue des Champs Elysées, Paris
2016 · Journée de l’Estampe Contemporaine, place St Sulpice, Paris
2015 · Salon d’Automne, section gravure, Avenue des Champs Elysées, Paris
2014 · Salon de la Société Nationale des Beaux-arts (invitée du comité de sélection de l’ADAGP, Médaille d’Or du Prix du jury invité), Carrousel du Louvre, Paris
2013 · Journée de l’Estampe contemporaine, place St Sulpice, Paris
2011 · Nuit de l’Estampe Contemporaine, Paris

Résidences

2019-20 · Recherche de recherche dans le cadre de l’IDEX, laboratoire PASSAGES de l’Ecole Nationale d’Architecture et du Paysage de Bordeaux

Dépôts et collections

2018 · 4 gravures, collection de « La réserve » artothèque itinérante, Vannes
2016 · Instant 6, intégrée au fond de collection du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International. (acquisition)
2016 · Instant 14, intégrée au fond de la Galerie d’Art K1L, Jodoigne Belgique (dépôt)
2014 · Sélection de trois estampes des séries Gray skies et Natures mortes, intégrées au fonds de l’artothèque de Bayonne, ARTOTEKA. (dépôt)

Publications

2018 · Catalogue d’exposition Dialogues avec Elena Peinado photographe édité par le CAC des Landes
2017 · Collection Monomono des Editions K1L
2015 · Catalogue du Salon d’Automne
2015 · Catalogue d’exposition du Musée Raymond Lafage
2014 · Actuel de l’estampe n° 4, édition K1L
2014 · Catalogue du Salon de la SNBA
2013 · L’Ampoule n°9, revue numérique, ed. de l’Abat-Jour

Formation

2011 · Stage de perfectionnement avec l’artiste Joan Beall, Hérault
2009 · Ecole d’arts appliqués Duperré, atelier de gravure et d’édition, Paris
2008 · Stage de gravure non toxique animé par Henrik Boegh, Espagne
2008 · Ecole d’arts appliqués Duperré, atelier de gravure et d’édition, Paris