Emmanuel Lesgourgues, plasticien

Biographie

Emmanuel Lesgourgues est né en 1974, il vit et travaille à Paris.
Diplômé de l’École Camondo, il est designer et architecte d’intérieur de formation.
Après une carrière dans l’architecture d’intérieur et dans l’enseignement, il devient commissaire d’exposition et directeur du fonds de dotation Quasar, collection d’art contemporain qui abrite 1600 œuvres, autour de 92 artistes français depuis les années 1980. Il est également vice-président du lieu d’art La Tannerie à Bégard, en Bretagne.  
Son travail plastique se développe principalement autour du dessin, déclinant des thèmes organiques, des univers cellulaires féconds ou modifiés, à travers des motifs aléatoires, géométriques et une recherche sensible sur la couleur. Des formes denses, complexes, émergent de ses créations, formant un univers sexué et végétal en pleine métamorphose.
Il produit également des séries de photographies et de vidéos en jouant sur les points de vue. Dans les lieux publics, monuments, centres commerciaux ou dans les transports : ralenties, vues du sol et objectif placé vers le ciel ou en contrebas, ses images nous re-sensibilisent à la façon de s’imprégner d’un espace ou de conscientiser l’instant. 

Démarche artistique

Depuis juillet 2018, il crée des dessins exclusivement sur tablette numérique.
L’approche est similaire à celle du dessin traditionnel : le stylet remplace le crayon, l’écran le papier. En revanche, diffèrent fortement les sensations de toucher dans le rapport à la surface, ainsi que le rapport du dessin à l’espace. La rencontre avec le format que constitue l’écran engage un nouveau protocole créatif. En effet, sur la tablette le dessin ne peut jamais être visible dans sa totalité, c’est-à-dire tel qu’il apparaîtra dans son format imprimé. Le plasticien définit donc en amont le format du dessin final et extrapole, tout au long du travail, le résultat à l’échelle d’impression. Pour cela, il pratique un va-et-vient de zoom avant et arrière à travers la fenêtre de la tablette. Il navigue ainsi entre différentes échelles, dans les limites du format de l’écran. Dans le décalage continu entre projection et réalité, une apparente absence de lien direct avec sa représentation finale et la sensation d’un dessin hors contexte sont ressenties.
L’artiste éprouve aussi le sentiment de se perdre dans l’espace du dessin dans le dessin, de traverser l’écran et d’échapper aux limites du format.
L’utilisation de ce support, en instaurant de nouveaux rapports, ouvre au plaisir d’une création dynamique, à l’expérience d’un continuum de dessin évolutif.

« Ce qui m’importe, ce n’est pas tant de se demander où l’on va que de chercher à vivre avec la matière. » 
Le stylet d’Emmanuel Lesgourgues pourrait être guidé par cette affirmation d’Henri Matisse. Car c’est bien la matière, vivante, qui est au cœur de son processus créatif. La répétition obsédante, spasmodique de motifs veut exprimer l’idée d’une matière évolutive, à l’instar des cellules des organismes vivants.
« J’appréhende le dessin comme un laboratoire de découvertes et de curiosités ». Sa syntaxe revendique l’écriture aléatoire, une construction non volontaire, où l’image s’auto-construit, véritable mitose graphique. La fusion cellulaire explore de nouveaux mondes.


Série Transgénose

Dessin numérique d'hybridations de corps entre l'homme et l'animal. Tirage unique.
Transgénose 09, impression jet d’encre sur papier Museum Canson 315 g/m², contrecollé sur aluminium, encadrement sur-mesure en caisse américaine, cadre chêne 75 x 100 cm, tirage unique.

Formes hybrides, mélange d’humain et d’animal, fusionnent pour former un nouveau corps, dans des torsions empruntant à la statuaire classique. Ici, la mutation cellulaire explorée par l’artiste et annoncée par le titre de la série trouve son expression la plus figurative. Son dessin délaisse l’hexagone — figure géométrique fétiche de ses premiers travaux — pour le point, et réduit sa palette chromatique. Cette série approfondit sa recherche d’une matière en mouvement.
« Graphiquement, tout se relie. C’est en ça que je crois à la force de l’aléatoire et que l’on se rapproche du vivant, parce qu’il y a une trace unique, qui est ma façon d’écrire, qui traverse tous mes travaux. » 


Sophie Loria

Série Biostasie

Série de dessins sur tablette numérique qui interroge le point de vue du spectateur face à un paysage. Tirage unique.
Biostasie 25, impression jet d’encre sur papier Museum Canson 315 g/m² contrecollé sur aluminium, encadrement sur-mesure en caisse américaine, cadre chêne 52 x 70 cm, tirage unique.

En créant des successions de plans, le dessin se réduit pour intégrer une nouvelle partie du paysage, comme si le spectateur reculait en gardant le même point de mire. Emmanuel Lesgourgues travaille ici le dessin à la fois comme la peinture, par le jeu de superpositions, et comme l’architecture dans l’exploitation du plein et du vide, du positif et du négatif. Le jeu de calques permet d’explorer l’infiniment petit, et ainsi de donner de la matière au dessin superposé qui vient le masquer. « La tablette me permet de réduire, d’augmenter, d’effacer, de manipuler différentes échelles. Interface dynamique qui rejaillit dans mon œil, il apparaît toujours une nouvelle écriture qui fait que mon dessin n’est jamais figé. » Autre parti pris de sa relecture du motif classique, la couleur déroge aux règles canoniques pour donner de la profondeur. « Ma disposition des couleurs ne suit pas la règle du foncé au premier plan, mais est aléatoire. La perspective est appréhendée par le dessin et le traitement des plans, mais pas avec la couleur. »

Sophie Loria


Parcours artistique

Expositions personnelles

2021 • « Transgénose », galerie Elzévir, Paris, France
2021 • « Chimères cellulaires », Musée de Guéthary, Ghéthary, France
2015 • « Collection hiver 2015 », Lagardère Interactive, Paris, France
2007 • « Etat intermédiaire », Lieu d’art « À suivre », Bordeaux , France
2006 • « Vert Solitaire », Showroom « Il était une fois », Rencontres Photographiques du 10e arrondissement, Paris, France

Expositions collectives

2013 • « [∞] et autres cycles », Lieu d’art La Tannerie, Bégard, France
2013 • « Effervescence, les dessins de la genèse créative », École d’Architecture, Paris La Villette, France
2012 • « Chambre d’amis », Lieu d’art La Tannerie, Bégard, France
2012 • « Le dessin sur papier », Galerie Six Elvizir, Paris, France
2010 • « Urban Art Box », Art Actuel Communication, SHISEIDO, Paris, France
2010 • « Urban Art Box », Art Actuel Communication, SHISEIDO, Milan, Italie
2009 • « Desseins animés », Galerie Arrêt sur l’image, Bordeaux, France
2009 • « Vue intérieure », Collectif Vous êtes ici, Paris, France
2008 • « My detour in Berlin », Concours Détour Moleskine, Berlin, Allemagne
2005 • « 12 x 21 x 8 », Showroom « Il était une fois », Paris, France
2003 • « Tamaris(k) », Crypte Sainte-Eugénie, Biarritz, France

Prix

2008 •  Lauréat du Concours Détour Moleskine

Commissariat d’exposition

2021 • « Lionel Godart. Regards en atelier », La galerie – Peyrehorade, France
2021 • « Jean-Pierre Bourquin. Regards en atelier », La galerie – Peyrehorade, France
2020 • « Couleur de Vin », Château Haut Selve, Bordeaux, France
2020 •  « Constellation », La galerie, Peyrehorade, France
2019-20 • « Quasar – La collection », Musée des Beaux-Arts, Pau, France
2018 • « Courant à contre-Courant » & « Courant à contre-Courant 2 », La galerie, Peyrehorade, France
2017 • « Dans-Dedans », Lieu d’art La Tannerie, Bégard, France
2017 • « Stéphane Hazera. Regards croisés – La figure », La galerie, Peyrehorade, France
2017 • « Stéphane Hazera. Regards croisés – Le paysage », Chemins de Bideak, Saint-Palais, France
2016 • « Rétrospective  Jean-Claude Pinchon. Instinct Couleur », Villa Beatrix Enea, Anglet, France