Romain Baro, photographe

Romain Baro est un auteur-photographe français né en 1988 en Bretagne, il vit et travaille à Nantes. © Dorian Loubière
Biographie
Il grandit à Lorient, dans une ville rasée par la guerre et reconstruite à la hâte. Cet environnement l’incite très tôt à développer un imaginaire et à questionner le rôle de la fiction.
Diplômé des Beaux-Arts de Nantes en 2011, il s’intéresse aux registres d’apparition et de diffusion des images. Les différentes collaborations qu’il nourrit avec la presse le poussent également à interroger la valeur de l’information et le statut accordé à la photographie documentaire.
Chacun de ses projets est animé par un goût pour la recherche. Ce désir d’enquête est ensuite activé par un constat, qu’il soit social, politique ou culturel. Aller à la source de l’expérience, éprouver le terrain et repérer des indices devient alors une nécessité.
En accédant à la condition singulière de communautés, de lieux ou d’objets, il souhaite encourager la compréhension des récits, des territoires et des systèmes. Cette observation des interactions entre l’humain et son environnement est au cœur de sa démarche.
Romain Baro est diplômé des Beaux-Arts de Nantes et enseignant en communication visuelle. Ses photographies et ses textes ont été publiés dans la presse, en France et à l’étranger. Il vit et travaille à Nantes.
Démarche artistique
Ses projets sont animés par un goût pour la recherche et la rencontre. Pour accéder à la condition singulière de communautés, de lieux ou d’objets, il se positionne comme témoin et enquêteur. Cette démarche se développe au contact de personnes issues de disciplines variées : le sport, l’enseignement, la médecine, ou la zoologie.
Sensible aux usages de la photographie documentaire, il cherche dans l’image un point d’appui face à des sujets
complexes. Ce besoin d’observer, d’interroger les imaginaires, mais également de participer à un constat partagé par d’autres,
anime sa pratique. Il souhaite ainsi encourager la compréhension de notre environnement, comme une invitation à poursuivre la réflexion, pour mieux sentir nos attaches au monde.
Œuvres, extrait

You have to blow
Tirage photographique sur papier Fine Art, 32 × 48 cm et 54 × 81 cm, objets présentés sous vitrine, 2017
You have to blow
Tirage photographique sur papier Fine Art, 32 × 48 cm et 54 × 81 cm, objets présentés sous vitrine, 2017

La Mer Égée s’étend comme un paradis bleu. Une destination touristique qui résonne dans l’imaginaire collectif. Pour les réfugiés, c’est avant tout un mur. Un obstacle vers l’Europe de plusieurs kilomètres de long ; une zone quadrillée de jour comme de nuit par des frégates militaires. Depuis les côtes turques l’île de Lesbos apparaît comme une promesse. Vision floue d’une terre à fouler coûte que coûte, au risque d’y perdre la vie.
Témoins de cette mer qui charrie les corps, quelques habitants de l’île ont créé un cimetière. Un lieu de recueillement improvisé à l’écart des villages. Quelques dizaines de tombes se dessinent dans l’ocre de la terre. Comme seules traces : des plaques en marbres plantées à même le sol et la mention d’un âge ou d’un nom de famille. Mais parfois rien de tout cela. Certains corps n’ont pas pu être identifiés. Une simple pierre ramassée orne la tombe dans un dépouillement silencieux.
À quelques kilomètres de là, c’est le bleu de la mer qui domine. Sur la petite commune de Neapoli, des réfugiés reprennent contact avec l’eau aidés par des volontaires d’ONG. Pour certains d’entre eux, venus d’Afrique centrale ou d’Afghanistan, la vision même de la mer est une découverte. Enfants et adultes apprennent à nager pour surmonter le traumatisme, pour se reconstruire, pour rester digne. L’inexorable attente du réfugié est effacée un court instant. Sentir son corps flotter dans les vagues est déjà une victoire. Pour avancer, il faut respirer.

You have to blow
Tirage photographique sur papier Fine Art, 32 × 48 cm et 54 × 81 cm, objets présentés sous vitrine, 2017
You have to blow
Tirage photographique sur papier Fine Art, 32 × 48 cm et 54 × 81 cm, objets présentés sous vitrine, 2017

Parcours artistique
Expositions
2023 · Spécimens, Espace 18, Nantes
2022 · You have to blow, Espace 18, Nantes
2022 · Traitement des corps en situation migratoire, Salons Mauduit, Nantes
2021 · ManifestO, Toulouse
2012 · L’image publique #6, Paysages et territoires, Rennes
2010 · Itinéraires Nantes Japon, Espace Cosmopolis, Nantes
2010· Real Fiction, Le Lieu Unique, Nantes
2010 · Double Vision, Tokyo Wonder Site, Tokyo
Résidences de recherche et de création
2023 · Résidence artistique – Écriture et réalisation de la série Spécimens, Espace 18, Sézanne
2021 · Résidence artistique – Travail de recherche sur la figure de l’animal et sur le processus de naturalisation, Le Lieu Unique, Nantes
2013 · Séjour à Kaboul – Travail documentaire sur KAIA, l’aéroport de la capitale et la base militaire de l’OTAN, Le Monde, Paris
2011 · Séjour à New York – Projet de recherche sur les relations entre histoire officielle et histoire populaire, École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole
2010 · Séjour à Tokyo – Projet de recherche sur le paradigme entre réalité et fiction dans l’image contemporaine, Tokyo University of the Arts / Musashino Art University / École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole
Prix
2021 · Open Theme – Nominee (Professional) Fine Art Photography Awards
2021 · Lauréat ManifestO – XIXe Rencontres Photographiques de Toulouse
2020 · Deeper Perspective – Honorable Mention (Professional) International Photography Awards
2017 · Emerging Photographer, Photo District News / Rangefinder / Canon
Publications, sélection
2021 · The Brief, TIME, 5 juillet
2020 · Carte blanche, 303, novembre
2017 · La nage de vivre, Les Inrockuptibles, 11 octobre
2014 · Que reste-t-il de Torino 2006 ? Montagnes, décembre
2013 · À Kaboul, l’aéroport de l’espoir, Le Monde, supplément Géo & Politique, 26 septembre
2013 · Jeux vidéo : dans la peau d’un contrôleur à l’immigration, Le Monde, 17 mai
2013 · Livrer un récit de vie crédible, étape clé de la demande d’asile Le Monde, 4 février
2012 · Building Stories, Chris Ware en architecte de la bande dessinée Le Monde, 4 décembre
2012 · Du football américain à Nantes, de la fiction à la réalité Le Monde, 26 novembre
Expérience pédagogique
Depuis 2013 · Enseignant en photographie documentaire (module théorique et pratique), en sémiologie, coordinateur de recherche, jury de mémoire et tuteur des projets de fin d’études à l’École de Communication Visuelle de Nantes (Master 1 et 2)
2014-20 · Enseignant en design graphique, design éditorial et pratiques plastiques à l’atelier d’Arts Appliqués d’Angers (MANAA, BTS et post- diplôme)
2016-20 · Workshops sur la thématique de la mutation à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. Productions exposées au Type Directors Club
2013 · En grand caractère, atelier d’impression d’affiches conduit lors de l’événement Factorev à Nantes, CM1 / CM2
2012 · Image de la page, image dans la page, intervention et atelier sur le livre de photographies à l’École d’Arts du Choletais, classe préparatoire
Activité de designer graphique
Depuis 2012 · Conception de supports de communication pour des acteurs de la culture et de l’enseignement, de l’affiche à l’identité visuelle : associations, artistes, agences d’art contemporain, galeries, et écoles d’enseignement supérieur.
Formation
2009-11· Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique, École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole, Penser l’image, inventer le réel, mémoire sur les rapports entre documentaire et fiction, suivi d’entretiens avec Clément Chéroux et Sylvain Maresca
2009-11 · Master en Conception, Gestion et Diffusion de Produits Culturels (Mention Bien), Université d’Angers / ÉSBANM
2008-09 · Diplôme National d’Arts Plastiques (Félicitations du jury) École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole