Invitation à l’exposition « Détournement pictural » | Bruno Bossut – Lège Cap-Ferret

Exposition « Détournement pictural »
du plasticien Bruno Bossut

13 juillet › 21 septembre 2024 
Médiathèque Petit Piquey | Lège-Cap Ferret

Commissariat d’exposition Virginie Baro

Imaginer le commissariat d’une exposition monographique

Je suis très heureuse de vous annoncer l’ouverture prochaine de l’exposition personnelle du plasticien Bruno Bossut “Détournement pictural”. J’ai eu le grand plaisir de collaborer avec l’artiste pour imaginer le commissariat de cette exposition qui retrace 15 années de recherche plastique au travers de 20 œuvres réunies au sein de la salle culturelle de la médiathèque de Petit Piquey (Lège-Cap Ferret). À cela, s’ajoute la présentation en avant-première de la pièce monumentale “Vincent, Willy et moi”, installée en extérieur, à Claouey — route du Général de Gaulle.
Bruno Bossut et moi-même serons enchantés de vous accueillir à l’occasion du vernissage qui se tiendra le premier jour d’ouverture de l’exposition, soit le samedi 13 juillet à 12 h, directement à la médiathèque.
En attendant, je vous livre quelques clefs du travail du plasticien Bruno Bossut pour une première approche.
Bonne lecture et au plaisir de vous voir prochainement sur le très beau Bassin d’Arcachon !


* Les élections législatives ont chamboulé le calendrier, l’ouverture de l’exposition initialement prévue le 5 juillet se fera le 13 juillet.


Le détournement comme point de départ d’une recherche plastique

Au travers de cette monographie, il s’agit de révéler le fil rouge qui parcourt les axes de recherche de l’artiste : le détournement. Entre ses doigts, une peinture se contorsionne et devient sculpture, la réplique par moulage d’une assise design iconique (comme la chaise longue Eames) se pare d’une surface abstraite expressionniste, un objet usuel — un miroir — semble se ramollir, se déformer et ne plus remplir correctement sa fonction, ou encore une toile de maître est transposée en une pièce monumentale ayant gagnée une troisième dimension.
La matière picturale employée par Bruno Bossut joue un rôle déterminant dans ce détournement. C’est par elle — sa composition et son usage — que le plasticien extrait l’objet de son statut initial pour le faire muter ou l’enrichir d’une qualité supplémentaire. C’est ainsi qu’une table est aussi un tableau ou qu’une sculpture est dans le même temps une peinture. Il en résulte une production réjouissante en couleurs qui brise les frontières entre les domaines de la création : design, arts plastiques, artisanat et industrie. Bruno Bossut produit une œuvre enthousiasmante et fédératrice qui déplace, interroge et fait sourire.

Soleil, toile de 100 × 80 cm peinte au gel-coat, moulage en silicone de la toile, tirage unique en résine polyester armée de fibre à partir du moule en silicone déformé, peinture acrylique, 100 × 80 × 20 cm, 2017.
Oups, moulage silicone déformation du moule et tirage en résine polyester armée de fibre de verre, peinture effet chrome 80 × 84 × 58 cm, 2021.
La chaise 004 – Eames, moulage en résine polyester armée de fibre de verre d’une chaise Eames, application des couleurs dans la masse par dripping, 160 × 78 × 85 cm, 2019.

La divulgation en avant-première de « Vincent, Willy et moi »

Cette peinture sculpturale monumentale (installée à Claouey) est le résultat d’une fusion entre la peinture d’un artiste mondialement reconnu — « Les tournesols » de Vincent Van Gogh et les jardinières, aujourd’hui iconiques, d’un designer industriel pionnier — Willy Guhl. Cette synthèse est orchestrée par Bruno Bossut, sculpteur et peintre. Le plasticien a donné corps au bouquet de tournesols de Van Gogh en lui ajoutant une troisième dimension et une monumentalité. C’est la forme en corolle des jardinières de Willy Guhl qui lui a inspiré le lien avec le tableau. Les versions « Oreille d’éléphant » (dans 2 tailles) et « Mouchoir » (dans une taille) lui ont servi de masters pour la réalisation des moules et ont guidé, de fait, la monumentalité de l’œuvre finale.

Vincent, Willy et moi, kevlar, carbone, acier, inox, résine polyester armée de fibre de verre, peinture polyester armée de fibre de verre, 430 x 340 x 150 cm, 320 kg, 2023.

Passionné par la peinture de Vincent Van Gogh et notamment de son « impasto », Bruno Bossut a souhaité révéler ce travail de la matière par un jeu de changement d’échelle, vers un grossissement à l’extrême de la touche. Il montre ainsi à quel point la lumière est constitutive de la toile en se logeant dans les creux et bosses de la peinture. Par ailleurs, le plasticien a bien noté que le peintre avait construit son bouquet pour une lecture frontale de celui-ci, agençant les tournesols de face, de 3/4 ou de profil, mais jamais de dos. Il en résulte une composition quasiment plate renforcée par le cerne qui définit les contours du vase et l’absence d’un jeu d’ombre et de lumière sur celui-ci pour simuler le volume. Le plasticien adopte le point de vue frontal de Van Gogh en travaillant le volume selon un angle de vue idéal pour le regardeur de 90°. Cet angle permet à la fois de respecter la vision proposée par le peintre et de constater de l’incidence lumineuse sur la touche en relief. Dans cet esprit, le vase — bien que réalisé en volume — a ses flancs cernés de marron donnant l’illusion d’une platitude ; de même, le dos de la pièce est laissé brut afin de renforcer le sens de lecture. Pour cette raison, Bruno Bossut affirme avoir créé avant tout une peinture monumentale adoptant des atours sculpturaux pouvant s’apparenter, par certains aspects, au bas-relief



Bruno Bossut, un plasticien cultivant la démesure

Démarche artistique

Tout commence en 2008 par la création d’une réplique par moulage de l’iconique modèle de chaise Bofinger (1966) du designer Helmut Bätzner. Pour la première fois, Bruno Bossut choisit de traiter la surface d’un objet non plus de façon monochrome, mais à la manière d’un peintre. Il pénètre alors avec envie l’univers pictural. Le plasticien travaille selon trois axes qui, chacun, puise dans les caractéristiques de l’autre. Il y a d’abord cette volonté de sculpter la peinture, puis de déformer des objets réels et enfin de réaliser des répliques de mobilier mythiques en en faisant de véritables surfaces picturales utilitaires. À chaque fois il s’agit, par l’appréhension d’un volume, de provoquer le mouvement dans l’objet et/ou du spectateur.
C’est progressivement que la peinture devient sculpture. L’artiste engage sa réflexion en peignant à l’aide d’une épaisse résine et par larges touches une toile montée sur châssis. L’œuvre est monochrome, abstraite. Ce qui importe ce n’est pas tant ce qui est représenté que le jeu de la lumière dans les stries de la matière. (Ce n’est pas un hasard si Bruno Bossut est transporté par le travail de Van Gogh et Soulages.) La lumière révèle un volume, on sort alors d’une surface plane pour s’approcher de la troisième dimension.
Le créateur décide de faire de ses toiles des moules en silicone qu’il déforme pour produire un objet unique dans son volume, mais identique dans sa surface, et passer ainsi d’une pièce à présenter au mur à une sculpture à poser sur un socle. Pour le spectateur cela signifie sortir d’une immobilité contemplative et entrer dans une sorte de chorégraphie révélant les contours de l’œuvre. Deux mouvements s’opèrent : le médium peinture est évacué au profit de la sculpture ; l’objet manufacturé en fibre de verre prend la place de l’objet réel (une toile montée sur châssis).
Aimant particulièrement briser les limites du réel et rendre possible ce qui normalement ne l’est pas, le […]

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Repères biographiques

1976-77
Les deux années passées à l’École d’Arts Appliqués Torrijos (Lyon) sont déterminantes dans la carrière de Bruno Bossut. La maîtrise technique du dessin est considérée comme élément fondateur de tout projet, que ce soit pour l’élaboration d’une maquette d’affiche publicitaire ou le passage en volume d’un objet préalablement esquissé. Le plasticien y développe sa capacité à percevoir en 3D un objet dessiné, puis à le manufacturer. Aujourd’hui encore, le dessin fait partie intégrante des étapes de réalisation de ses sculptures.

2002-05
Après plusieurs années passées à la fabrication de pièces automobiles, il applique ces mêmes savoir-faire à la réalisation d’une œuvre pour le compte de l’artiste inter- nationale Shin Myeong-eun, en tant que praticien. Cette commande agit comme un véritable déclencheur pour sa propre recherche plastique, à laquelle il donne corps en construisant, en 2005, un atelier à la hauteur de ses ambitions sculpturales. Il travaille à présent à Lège-Cap-Ferret, dans un environnement marin à la fois extraordinaire et très inspirant.

2008
Son activité de praticien prend de l’ampleur et l’amène à produire régulièrement pour des artistes tels que Bertrand Lavier, Sylvie Fleury ou encore Étienne Bossut. Chaque pièce est un défi technique à surmonter et exige de dépasser les limites connues. Une posture qu’il affectionne particulièrement, car elle lui permet d’engranger de nouvelles compétences et de nouveaux savoir-faire, qu’il met ensuite au service de son propre travail de plasticien. Les deux activités se nourrissent et se complètent l’une l’autre.

2014
Avant 2014 Bruno Bossut utilise la résine comme de la peinture. L’usage de cette matière n’est pas anodin puisqu’elle lui permet de prendre conscience de ce qu’il cherche réellement à faire : sculpter l’espace pictural ; faire de la peinture non plus une surface, mais un volume autour duquel le regardeur peut tourner. Il souhaite intégrer le spectateur à son œuvre en le faisant interagir, en suscitant l’envie de toucher par des reliefs attrayants ou par la fabrication de répliques de mobilier design devenues surfaces picturales fonctionnelles.

2018
« Du vent dans les toiles » est la première exposition majeure dédiée à la sculpture du plasticien. Il y présente une dizaine de pièces dont l’installation Parcours d’une toile révélatrice de son cheminement et particulièrement de sa volonté de faire de la peinture un volume. Si l’événement fait montre d’une grande homogénéité dans la recherche de l’artiste, elle révèle surtout une quête du mouvement que ce soit dans la création d’objets d’ordinaire figés, que dans la posture du spectateur physiquement sollicité. Cette réflexion aboutira, plus tard, à la création de la série des miroirs déformés associant contorsion de l’objet à celle du regardeur happé par son reflet mouvant et difforme.


Informations pratiques

« Détournement pictural »
Exposition personnelle du plasticien Bruno Bossut
13 juillet → 21 septembre 2024

Exposition 
Médiathèque Petit Piquey – Lège-Cap Ferret
Mardi, mercredi, vendredi, samedi | 10 h – 18 h

Œuvre en plein air
Avenue du Général de Gaulle – Claouey | 24/7

Vernissage en présence de l’artiste
Samedi 13 juillet, 12 h

Bruno Bossut
Plasticien
06 65 33 77 34
contact@brunobossut.com
www.brunobossut.com

* Les élections législatives ont chamboulé le calendrier, l’ouverture de l’exposition initialement prévue le 5 juillet se fera le 13 juillet.

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