Ou comment s’écraser sur une toile blanche comme sur un mur !
Si le peintre est d’abord tenu par un objectif à atteindre — celui de représenter un paysage (sujet récurrent), il y déroge systématiquement, saisit par des effets de matière à exploiter. Même s’il frôle parfois l’hyperréalisme, il s’efforce de casser les codes de la figuration pour échapper au conformisme académique. Cela se manifeste tantôt par la trace d’un large coup de pinceau laissé sur la surface picturale, tantôt par la représentation incongrue d’un objet construit par l’Homme et qui pourtant n’a rien à faire là : une piscine en pleine nature, une nuée d’oies en origami dans le ciel, un ours polaire dérivant sur le fleuve d’une forêt tropicale. (Le dualisme nature-construction humaine est ainsi traité.) Il en résulte des images qui s’entrechoquent pour constituer une nouvelle réalité. Une réalité construite dans l’acceptation du hasard et de ce qu’il engendre. Hasard considéré ici, comme porteur d’une multitude de messages, une multitude d’ouvertures, toutes synonymes de liberté de pensée.
Je vous laisse plonger dans les surfaces du peintre, celles survenues juste après le choc du premier coup de pinceau sur la toile blanche.
Si vous avez des questions sur une ou plusieurs des pièces ici présentées, ou si vous souhaitez connaître les modalités d’acquisition et de transport, n’hésitez pas à me contacter.
Cesar salad

« On entre dans l’intimité d’une matière comme dans une forêt, contemplatif, observateur. Instinctivement et humblement, on ralentit. Et le degré de cette lenteur, comme dirait Milan Kundera, est proportionnel à l’intensité de la mémoire.
Au départ de mes travaux, il y a ce blanc insupportable sur lequel je viens m’écraser comme sur un mur. Et puis se crée un chaos nécessaire, qui n’est pas le point de départ, mais un stade à partir duquel naissent toutes les envies, de toucher, de goûter de se brûler. Ce chaos est une friche de souvenirs immobiles et altérés, avec ses plantes qui ne sont pas à la base destinées à quoi que ce soit, elles ne sont pas cultivées ou élevées dans un but particulier. Elles sont là, elles reviennent comme des loups quand on les oublie. Comme des loups parce qu’elles recolonisent quand on a le dos tourné, qu’elles nous font chier dans notre grand ménage permanent et épuisant. On dit qu’elles sont invasives.
De ce chaos, de cette friche d’images et de collages se chevauchent des variations de gris qui s’accumulent en touches de peinture comme des niveaux de temporalité. »
Thomas Loyatho
À cache-cache

Irish coffe

Les toiles de Thomas Loyatho ont cette capacité à nous faire vivre une expérience quasi-immersive, tant il parvient à créer une matière fluide et mouvante. Sous son pinceau, les feuilles d’un bananier semblent se fondre à son environnement, dissolvant ainsi les limites du fond et de la forme. Un élément peint de façon hyperréaliste nous ramène à la réalité. Il met en place des jeux visuels renforcés par des titres à la fois évocateurs et mystérieux. Dans ses toiles, le contre-emploi à toute sa place pour le plus grand plaisir de l’enfant qui se tapit en chacun de nous.

Photos de l’exposition Paysages vivants, juin 2025 © David Duchon-Doris
Série « Des nuages plein les poches »
Truman show

Fast and furious
Sage comme une image
Présentation de Thomas Loyatho
Thomas Loyatho est né en 1984. Sa sœur, son frère (également peintre) et lui ont grandi dans l’atelier de leur père (peintre lui aussi) comme dans une salle de jeu ! Il détient des diplômes en aménagement d’espaces (Master Académie Royale des Beaux Arts de Liège) et en protection de l’environnement. En effet, en plus d’être plasticien, il est accompagnateur en montagne.
Ses expérimentations sont pluridisciplinaires et en prises avec la matière. L’emploi de matériaux pauvres ou sobres ne nécessite pas une technologie qui le dépasserait et le rendrait obsolète, mais […]
Expositions collectives
2025 · Réalités imaginaires, galerie Virginie Baro, Maison Tartea, Ainhoa, France
2024 · Mémoires végétales, galerie La main de fer, Perpignan, France
2023 · Vibrantes étendues, galerie Virginie Baro, Maison La Ferme d’Ika, Saint-Jean-de-Luz
2022 · Origine(s), exposition de la collection du FRAC des Abattoirs de Toulouse, Carcassonne, France
2022 · 21ᵉ Biennale Internationale du Petit Format de Papier, France et Belgique
Expositions personnelles
2023 · Itzal Herria, Centre Départemental d’Éducation au Patrimoine Ospitalea, Irissarry, France
2016 · Kofoina, Château Salha, Bardos, France
2015 · Autour des restes, Galerie de Wégimont, Soumagne, Belgique
2015 · 70 cm/heure, Galerie d’art contemporain, LES DRAPIERS, Liège, Belgique
Prix
2018 · Sélection Prix «Itzal Aktiboa»
2015 · Prix Horlait Bruxelles, Belgique
2013 · Prix de la ville de Garazi lors du prix de la jeune création «Itzalaktiboa», Saint-Jean-Pied-de-Port






